La douleur du genou représente une plainte fréquente en consultation médicale, mais on n’est pas toujours sûr s’il s’agit d’une gonarthrose ou d’une atteinte du ménisque. Ces deux pathologies touchent la même articulation mais reposent sur des mécanismes distincts. Une confusion entre ces diagnostics peut conduire à une prise en charge inadaptée, avec un risque d’aggravation fonctionnelle. Cet article apporte une analyse structurée pour distinguer clairement l’usure articulaire du genou d’une lésion méniscale.
Structures anatomiques concernées
Pour différencier ces deux pathologies, une compréhension précise des structures impliquées constitue une base indispensable.
Cartilage articulaire et gonarthrose
Le cartilage articulaire recouvre les extrémités osseuses du fémur, du tibia et de la rotule. Il agit comme une surface de glissement, réduisant les frottements et absorbant les contraintes mécaniques. Dans la gonarthrose, ce cartilage s’altère progressivement, perdant sa capacité à protéger l’os sous jacent. Cette dégradation entraîne un rapprochement des surfaces osseuses, responsable de douleurs mécaniques et de réactions inflammatoires locales. Ce processus lent explique l’installation graduelle des symptômes et l’évolution étendue dans le temps. Plusieurs solutions sont proposées sur le site docteur-sailhan.fr pour résoudre les pathologies de genou.
Ménisques et lésions méniscales
Les ménisques sont deux structures fibrocartilagineuses situées entre le fémur et le tibia. Leur rôle repose sur la stabilisation du genou, l’amortissement des chocs et l’adaptation des surfaces articulaires. Une lésion méniscale correspond à une fissure ou une déchirure de ce tissu. Elle peut survenir après un mouvement de rotation, une flexion forcée ou une contrainte répétée. Le tissu lésé crée alors un conflit mécanique lors des mouvements. Contrairement à la gonarthrose, l’atteinte reste localisée, ce qui explique des douleurs plus précises et une symptomatologie liée à certains gestes ciblés.
Origines des douleurs au genou
L’analyse de l’origine de la douleur permet de distinguer une atteinte dégénérative diffuse d’une lésion mécanique localisée.
Mécanismes liés à l’usure articulaire
La gonarthrose repose sur un phénomène d’usure progressive de l’articulation. Les contraintes répétées, les déséquilibres d’axe du membre inférieur, le surpoids ou des antécédents traumatiques favorisent l’altération du cartilage. Cette dégradation s’accompagne de remaniements osseux et d’une inflammation modérée de la membrane synoviale. La douleur apparaît lors de l’appui prolongé, de la marche ou de la montée des escaliers. Elle reflète une souffrance globale du genou, sans événement déclencheur précis. L’intensité évolue par phases, traduisant l’avancée de l’usure articulaire.

Mécanismes liés aux lésions méniscales
Une lésion méniscale repose sur une rupture des fibres internes du ménisque. Chez certains patients, un mouvement brusque en torsion constitue le facteur déclenchant. Chez d’autres, la fragilisation progressive du tissu favorise une fissuration lors de gestes quotidiens. La douleur provient alors d’un conflit mécanique entre le fragment lésé et les surfaces articulaires. Elle survient lors de mouvements spécifiques, en lien direct avec la sollicitation du ménisque. Ce mécanisme explique un début parfois brutal, associé à une sensation interne inhabituelle dans le genou.
Localisation et expression de la douleur
La manière dont la douleur se manifeste apporte des éléments différenciateurs essentiels entre ces deux affections.
Douleurs associées à la gonarthrose
Dans la gonarthrose, la douleur se présente de façon diffuse autour du genou. Elle peut prédominer sur la face interne, externe ou antérieure selon le compartiment atteint. La gêne augmente avec l’effort et diminue au repos. Une sensation de raideur apparaît fréquemment après une période d’inactivité, notamment au lever. La douleur s’installe progressivement, sans caractère brutal. Elle traduit une altération globale de l’articulation et s’accompagne parfois d’un gonflement modéré lié à l’inflammation locale. Cette présentation étendue contraste avec les douleurs très localisées.
Douleurs associées au ménisque
La douleur méniscale se situe sur la ligne articulaire interne ou externe. Elle est ressentie comme précise, parfois aiguë, et reproduite par certains mouvements. Les rotations du genou, les flexions profondes ou les changements de direction déclenchent la gêne. Le patient peut décrire une sensation de pincement interne ou d’accrochage. L’intensité varie selon la position du genou et la charge appliquée. Cette localisation nette constitue un élément clé pour orienter le diagnostic vers une atteinte méniscale plutôt qu’une usure diffuse.
Retentissement fonctionnel
Les conséquences sur la mobilité et les capacités fonctionnelles diffèrent selon la pathologie en cause.
Limitations liées à la gonarthrose

La gonarthrose entraîne une diminution progressive de la mobilité du genou. L’amplitude articulaire se réduit, rendant certains gestes quotidiens plus contraignants. La marche prolongée devient fatigante, la montée ou la descente des escaliers s’effectue avec difficulté. Une sensation de raideur persistante limite la souplesse articulaire. Ces limitations s’installent lentement, en lien avec l’évolution de l’usure cartilagineuse et des remaniements osseux. Le retentissement fonctionnel concerne l’ensemble des activités sollicitant le genou sur la durée.
Limitations liées aux lésions méniscales
Une lésion méniscale provoque des troubles mécaniques spécifiques. Des blocages transitoires peuvent survenir, empêchant une extension complète du genou durant quelques instants. Des craquements internes ou une sensation d’instabilité accompagnent parfois les mouvements. En dehors de ces épisodes, la mobilité reste relativement conservée. Le patient adapte spontanément ses gestes pour éviter les positions douloureuses. Cette alternance entre phases fonctionnelles normales et épisodes mécaniques traduit le caractère localisé de l’atteinte méniscale.
Profils de patients et facteurs de risque
L’identification du terrain du patient permet d’orienter le diagnostic avant même les examens complémentaires.
Profils associés à la gonarthrose
La gonarthrose concerne fréquemment des patients présentant un historique de contraintes articulaires répétées. L’avancée en âge favorise l’altération du cartilage, mais d’autres éléments interviennent comme le surpoids, les déséquilibres d’axe du membre inférieur ou les antécédents de traumatismes anciens. Les activités professionnelles impliquant des positions prolongées debout ou des charges répétées exposent également le genou à une usure accélérée. Le tableau clinique s’inscrit dans une évolution lente, avec une gêne installée depuis plusieurs mois ou années.
Profils associés aux lésions méniscales
Les lésions méniscales touchent des profils variés selon leur origine. Chez les sujets actifs, un mouvement de rotation ou une flexion forcée du genou peut provoquer une déchirure aiguë. Chez des patients plus âgés, la fragilisation progressive du ménisque favorise des fissures lors de gestes banals. L’apparition des symptômes est alors plus marquée dans le temps, avec une date de début identifiable. L’absence d’usure articulaire généralisée oriente vers une atteinte localisée. Ce type de profil clinique permet de distinguer une lésion mécanique ciblée d’un processus dégénératif étendu.

Examens médicaux et imagerie
Les outils diagnostiques permettent de confirmer l’orientation clinique et de préciser l’atteinte.
Évaluation clinique spécialisée
L’examen médical repose sur l’analyse de la marche, de la mobilité et des zones douloureuses. Dans la gonarthrose, la palpation révèle une sensibilité diffuse et une limitation des amplitudes. Les mouvements passifs déclenchent une gêne globale. Lors d’une suspicion de lésion méniscale, des tests spécifiques reproduisent une douleur localisée sur la ligne articulaire. Ces manœuvres mettent en évidence un conflit mécanique précis. L’examen clinique oriente ainsi efficacement vers la structure en cause.
Apport de l’imagerie médicale
La radiographie constitue l’examen de référence pour identifier la gonarthrose. Elle met en évidence un pincement de l’interligne articulaire et des modifications osseuses. L’IRM permet d’explorer les tissus mous et de visualiser directement le ménisque. Elle identifie les fissures, les déchirures et leur étendue. Cet examen apporte également des informations sur l’état du cartilage, facilitant la distinction entre une usure diffuse et une lésion isolée.
Évolution et stratégies thérapeutiques
La prise en charge dépend étroitement du diagnostic établi et du retentissement fonctionnel.
Approche thérapeutique de la gonarthrose
La gestion de la gonarthrose repose sur une stratégie globale visant à préserver la fonction articulaire. Elle associe adaptation des activités, renforcement musculaire et contrôle du poids. Les traitements antalgiques et les infiltrations peuvent soulager les phases douloureuses du genou. Lorsque l’usure devient avancée et que la qualité de vie se dégrade, une solution chirurgicale peut être envisagée. L’évolution reste progressive, avec une alternance de périodes plus ou moins symptomatiques.
Approche thérapeutique des lésions méniscales
Le traitement des lésions méniscales dépend du type de fissure, de l’âge et du niveau d’activité. Une prise en charge conservatrice peut suffire lorsque les symptômes restent modérés. En cas de douleurs persistantes ou de blocages répétés, une intervention arthroscopique peut être proposée. L’objectif consiste à préserver au maximum le tissu méniscal afin de limiter le risque d’usure articulaire secondaire. L’évolution dépend de la qualité du ménisque restant et du respect des mesures de protection articulaire.